Ironie, clin d'oeil, obligation ? C'est un peu tout ça qui nous a amenés à tenir le débat dans un café de la ville... Car au royaume de la démocratie isséenne, impossible de tenir des réunions dans des salles municipales !

L'initiative d'hier soir avait été prise par les partis de gauche représentés sur la commune - NPA, PCF, PS, les Verts. Nous avions convié Philippe Kaltenbach (maire de Clamart, conseiller régional PS), Jacques Perreux (vice-président du Conseil général du Val de Marne) et Claude Danglot (hydrologue, NPA) à introduire le débat.

L'accès à l'eau pour tous est un droit fondamental. Or, au sein du SEDIF (syndicat des eaux d'Ile de France qui regroupe 144 communes), ce droit est "assuré" par Veolia, l'un des trois grands de la production et de la distribution de l'eau.

Le contrat qui lie le syndicat des eaux à Veolia date de 1923. Il arrive à échéance fin 2010. Et voilà que Monsieur Santini, apôtre de la démocratie, veut accélérer la prise de décision et faire voter les 144 communes le 11 décembre prochain pour renouveler la forme de "régie intéressée" et par la même le contrat avec Veolia.

Ce contrat est plutôt juteux, puisqu'il s'élève à 340 millions d'euros par an. Selon une enquête commanditée par le Sedif à plusieurs cabinets privés, 45 millions sont "indûment" versés à Veolia. UFC-Que choisir avance le chiffre de 90 millions.

Pourquoi ce bien universel devrait-il être délégué au privé ? Au vu de la diversité des situations en France, le privé n'est garant ni d'une qualité supérieure, ni d'un prix inférieur. Bien au contraire, la gestion publique coûte moins cher.

Elle est aussi essentielle quand on pense que les biens communs doivent être préservés des intérêts marchands. L'eau est vitale. Nous nous devons de penser aux générations futures.

Les participants au débat ont fait entendre des exigences fortes : - les citoyens usagers doivent être informés et avoir toutes les cartes en mains pour décider du type de gestion - la régie publique directe permet de répondre aux enjeux posés en alliant qualité et coûts moindres - d'ici au 11 décembre, il faut multiplier les actions en direction des citoyens, pour que l'intérêt général l'emporte.