corentin 2010Vendredi dernier, les associations d'anciens combattants et la ville d'Issy les Moulineaux ont organisé, comme chaque année, le fleurissement des plaques de déportés et résistants de la commune. 43 plaques, 43 noms d'hommes, de femmes, d'enfants qui marquent l'histoire locale. 43 citoyens qui ont perdu la vie parce que résistants, communistes, syndicalistes ou/et juifs.

Parmi eux, Corentin Celton, qui a donné son nom à l'hôpital d'Issy. une cérémonie particulière était organisée dans l'enceinte de cet établissement, en présence de représentants de tous les syndicats de salariés et de la directrice des relations publiques.

Comme petite-fille de déportée membre de la Fndirp, mais aussi comme conseillère municipale, j'ai pu rendre un court hommage à cet homme exécuté au Mont Valérien en 1943. En voici le texte :

Madame la directrice, Mesdames et messieurs les responsables syndicaux et représentants des salariés, Mesdames et messieurs les responsables d’associations d’anciens combattants,

Devant ce monument, nous honorons la mémoire d’un homme d’engagement, d’un homme courageux, d’un homme qui n’a eu de cesse d’agir pour une société plus humaine.

Corentin Celton n’a rien d’un héros lorsqu’il arrive à Paris de sa Bretagne natale, où il était marin pêcheur et devient agent hospitalier, à Saint-Antoine puis aux Petits ménages (qui porte son nom depuis 1945). Il y est délégué syndical, mais aussi militant communiste. Avant la guerre, il est secrétaire de la Fédération CGT des services publics. Il y a défend déjà l’idée d’un droit à la santé et de conditions de travail dignes. Mobilisé en 1939, sa conduite lui vaut l’attribution de la croix de guerre.

C’est naturellement qu’il entre dans la Résistance et anime, clandestinement, un comité de résistance du personnel hospitalier. S’il est arrêté en mars 1942, c’est sur dénonciation du directeur de l’assistance publique du moment, Monsieur Gas. Il lui signe là son arrêt de mort – condamné à quatre ans de prison, Corentin Celton sera fusillé au Mont Valérien en décembre 1943, après avoir enduré les conditions impitoyables de la prison de la Santé.

En ce jour de commémoration, l’actualité du combat de Corentin Celton, confronté à la barbarie nazie, je la trouve dans les propos qu’il a écrits quelques heures avant d’être fusillé : « j’ai lutté pour un monde meilleur. Il me reste ma fierté, au moment où je vais payer de ma vie mon attachement à mon idéal politique. «

Cet idéal, c’est un engagement au service de l’intérêt général, fait de générosité, d’abnégation, de respect et de tolérance.

Soixante cinq ans après la libération des camps de la mort, voilà un engagement d’une grande actualité.