Notre ville se vante d'être à la pointe des innovations en matière de technologies ainsi que dans le domaine de la démocratie. Imaginez donc : conseils de quartier élus électroniquement, budget participatif, machines à voter électroniques, retransmission du conseil municipal (hors période électorales) sur le câble. On saurait difficilement faire mieux. Voire.

Les conseils de quartiers ont été élus par à peine plus de 1000 habitants. Ils réunissent quelques habitants et quelques élus. S'ils disposent d'un budget de 100 000 euros, les dépenses qu'ils décident sont savamment suggérées par les représentants de la municipalité.

Si l'on voulait réellement construire un budget participatif, il faudrait inventer une tout autre manière de faire, en associant les habitants à une co-élaboration des mesures locales et en décidant ensemble des montants à leur affecter.

Quant aux machines à voter, au-delà des avatars techniques et financiers de l'an dernier, elles sont à l'image d'une pratique de la démocratie qui minore la place des habitants. Ici, plus de contrôle citoyen des opérations de vote, aucune certitude que le vote qu'on a entré est bien celui enregistré par la machine, plus de scrutateurs. On est bien passé à la démocratie virtuelle. Il ne sera bientôt plus nécessaire de se déplacer pour participer aux choix essentiels de la vie locale et nationale.

Enfin, l'opposition, qui regroupe aujourd'hui 3 composantes différentes (socialistes, communistes, vert) ne dispose généreusement que de 1500 signes une fois tous les trimestres (on est obligés de tourner) pour exprimer son point de vue dans le mensuel Point d'Appui ! Pas une ligne disponible pour ces forces politiques sur le site internet de la ville !

On pourrait se rassurer avec la place réservée à l'affichage public. Eh bien là encore, le nombre de panneaux est insuffisant au regard de la loi. Pour corser le tout, les associations et les partis politiques ont le plus grand mal à organiser des réunions publiques ou des débats puisqu'aucune salle n'est prévue à cet effet. Dans cette période électorale, on a même dépassé les bornes : alors que les listes du Modem et de la gauche (Issy à venir) ne peuvent annoncer les lieux et dates de leurs réunions publiques pour ces deux dernières semaines de campagne, M. Santini fait, lui, distribuer depuis plus de trois jours un tract indiquant l''ensemble de ses réunions publiques avec un heure et un lieu précis.

Il est temps de changer d'air, de changer d'ère. Pour mettre, enfin, l'être humain au coeur des processus de décision.