Ce matin, sur le marché Corentin Celton d'Issy les Moulineaux, je distribuais un tract contre la réforme des retraites avec 3 camarades. Globalement, l'accueil fut bon, très bon même. Mais pour la première fois aussi depuis le début du mouvement, les partisans du projet Woerth-Sarkozy se sont fait entendre. Et les poncifs, les clichés ont fait florès. Petit écho de cette matinée militante : - "je suis pour le projet, vous défendez des positions de soixante-huitards" : passons sur le fait qu'en soixante-huit, je n'avais que deux ans. Mais, cher Monsieur, 68 ne vous a-t-il pas apporté des améliorations sociales considérables ? N'a-t-il pas fallu faire des grèves, bloquer le pays pour cela ? - "la vérité, c'est que vous ne voulez pas travailler, vous êtes des feignants, d'ailleurs, les enseignants, cette catégorie de feignants, obligent les jeunes à descendre dans la rue". On aurait envie de dire : "no comment", mais Monsieur qui donnez des leçons à tout le monde, vous qui êtes retraité, si ce projet de loi vous plaît tant, reprenez le travail. Sachez que parmi mes trois camarades, l'une d'entre elle a 63 ans. Elle a travaillé dès l'âge de 14 ans, pendant 46 ans ! - "j'ai travaillé jusqu'à 65 ans et je n'en suis pas morte !" nous lance une femme. Un monsieur s'en mêle : mais vous faisiez quoi comme métier ? Kiné, répond-elle. "eh bien c'est votre choix, mais moi je n'ai pas envie de travailler 45 ans pour toucher une retraite décente". Une petite agora s'est formée. De fait, nos grands-parents, nos parents, lorsqu'ils n'ont pas été touchés par le chômage, ont travaillé souvent jusqu'à 65 ans. Mais le progrès social, c'est travailler encore plus longtemps qu'au 20ème siècle ou c'est profiter un peu après 40 ans de travail ?

Bien vu l'artiste, "le lutte des classes".

RDV les 28 octobre et 6 novembre pour poursuivre le mouvement.