Suppression de la taxe professionnelle, remise en cause de la compétence générale des communes, réorganisation territoriale, création du Grand Paris, réforme du mode de scrutin... tels sont les grands axes de la fameuse "réforme des collectivités territoriales".

1) Il ne s'agit pas d'une réforme mais de plusieurs textes de loi qui, s'ils étaient adoptés en l'état, signeraient l'arrêt de mort des collectivités. Un retour en arrière sans précédent après 27 années de décentralisation plus ou moins réussie. Une toute puissance jamais vue depuis les années 1940 (régime de Vichy) de l'autoritarisme par le biais des préfets de région.

2) La suppression de la taxe professionnelle prive l'ensemble des collectivités de ressources pour répondre aux besoins des populations. Cet impôt doit certes être réformé et complété d'une taxation des actifs financiers pour dégager de nouveaux moyens, mais en aucun cas supprimé. C'est le seul impôt qui fait que les entreprises contribuent au développement local : une entreprise, en s'implantant sur un territoire, le fait en sachant qu'elle pourra bénéficier de services (transports, réseau routier, services publics locaux...). Alors que les collectivités locales représentent 73% de l'investissement national, la suppression de la taxe professionnelle est une aberration économique et sociale qui va priver les habitants de services publics qu'il faudrait pourtant développer.

3) Ceux qui se plaignent d'un soi-disant mille feuilles territorial mentent en disant qu'ils vont y remédier : ils ajoutent encore de nouvelles couches aux strates existantes avec l'intercommunalité et la métropole !

4) Les élus coûtent cher ? mais pour la plupart des 550 000, ils sont bénévoles. Leurs indemnités pèsent pour 22 millions d'euros sur un budget de l'Etat de 1000 milliards !

4) Toutes ces "réformes" ont un sens : faire disparaître tous les obstacles sur la route du libéralisme sauvage. Faire sauter les verrous qui empêchent encore le capitalisme d'avoir la main mise sur tous les secteurs de l'économie et de la société.

5) Dans une ville comme Issy les Moulineaux, dont le budget repose autant sur la perception de la taxe professionnelle, toutes ces lois sont un encouragement de plus donné à la municipalité qui n'en avait pas besoin de ne plus investir dans l'intérêt général et de remettre au privé un plus grand nombre de secteurs : de plus en plus de crèches privées, ce qui est déjà le cas, mais la marchandisation d'un plus grand nombre d'activités. Pour les autres collectivités, c'est une mise en danger du logement social, des transports, de l'aide à la personne...

Nous sommes tous concernés : élus, personnels territoriaux, citoyens. Ensemble, montrons notre attachement au développement de la démocratie locale, de services publics.

Ce n'est pas de moins d'élus plus éloignés de nous dont nous avons besoin, mais d'encore plus d'élus de proximité !