Nous étions trois devant le bureau de poste de Corentin Celton, petit centre très fréquenté dans un passage calme de la ville. Pendant deux heures, nous avons pu aller à la rencontre de près de 200 personnes, usagers attachés au service public de la Poste, et donc exigents quant à la qualité de ses prestations.

Souvent mécontents de la dégradation du service, mais très majoritairement convaincus que la privatisation serait une fuite en avant, les personnes avec qui nous avons dialogué se sont montrées très attentives à la situation. "Que puis-je faire pour sauver ce service public ?," a demandé l'une. "Comment concilier service public et amélioration du service ?" s'est interrogé un jeune usager.

Le tract que nous diffusions faisait patienter les Isséens obligés de faire la queue. Du coup, ce sont deux postières du guichet qui sont venues nous le prendre, convaincues que de nouvelles compressions de personnel se feraient encore au détriment des conditions de travail mais aussi de l'offre aux usagers.

Petit moment d'émotion lorsqu'un groupe visiblement composé de personnes d'une même famille a tenu à engager le dialogue. Elles sortaient de l'hôpital Corentin Celton tout proche. Leur maman venait de décéder. Elles venaient de constater les conséquences dramatiques des réductions de personnel dans les hôpitaux.

Samedi prochain, soyons les plus nombreux possible dans les rues de Paris, de Nation à Bercy, pour maintenir la pression sur le gouvernement : l'avenir de la poste, c'est plus de service public, pas la privatisation !