De quoi s'agit-il ? La taxe carbone, pour le moment fixée aux environs de 140 euros par an et par personne, sera prélevée sur les citoyens pollueurs. Vous savez, ces salariés qui, ô scandale, vont travailler en voiture parce qu'ils ne disposent pas des transports adéquats. On pense aussi à ces habitants qui se chauffent au fuel. Les recettes de cette taxe seront, en fin d'année, redistribuées en fonction des revenus et du nombre de personnes au foyer des familles concernées. Du coup, certains y gagneront quelques euros.

L'essentiel n'est pas là. D'abord, on fait reposer le défi majeur du moment - lutter contre le réchauffement climatique - uniquement sur les particuliers. Il suffirait qu'on arrête d'utiliser sa voiture pour résoudre le problème. Pendant ce temps, les grosses industries peuvent dormir sur leurs deux oreilles : leurs émissions polluantes ne seront pas touchées, juste leur consommation de chauffage. Merci pour elles.

Rappelons aussi que les sources les plus importantes d'émission de ce fameux CO2 qui, à haute dose, empoisonne l'atmosphère proviennent des industries et du transport routier. Pour réduire le pollution, il faut donc envisager une politique publique autrement plus ambitieuse et active.

Décidement, le gouvernement fait feu de tout bois, si l'on peut dire sur ce sujet, pour démanteler la fiscalité en dédouannant les entreprises et en faisant peser l'ensemble des dépenses sur les particuliers et les collectivités locales. Pour résumer : vous êtes riche et polluant, vous êtes tranquille, vous êtes pauvre, à vous les dépenses et la culpabilisation.

Alors la taxe carbone, pour moi, c'est NON ! Faisons ensemble valoir d'autres choix, justes et efficaces : taxer les industries polluantes, donner des moyens au développement des transports publics, consacrer des ressources publiques aux territoires les plus touchés par les conséquences du réchauffement, développer les coopérations avec les pays les plus pauvres... L'avenir de notre planète est en jeu.