Colère et détresse. Pendant les 2 heures que nous avons passées à la sortie du métro Mairie d'Issy à rencontrer les Isséens, les témoignages se sont succédé, tous plus implacables les uns que les autres pour les politiques nationales de casse du logement social que pour la politique municipale opaque en matière d'attribution de logements sociaux.

Telle personne, fonctionnaire, mariée à une personne lourdement handicapée, a dû attendre plus de 10 ans avant d'accéder à un logement social. Tel couple, est obligé de vivre séparé depuis 3 ans, avec quatre enfants dont un en bas âge, chaque époux logé dans un appartement insalubre, dans l'attente d'une offre de logement. Pour tel autre, le service logement n'a pas voulu lui remettre un dossier de demande.

Les cas sont multiples qui montrent, s'il en était encore besoin, qu'une politique publique du logement est une urgence absolue. Construire des logements, maintenir un haut niveau de logements sociaux (30%), garantir la participation de tous les acteurs du logement (élus, associations de locataires, représentants de salariés, bailleurs sociaux) aux commissions d'attribution des logements, voilà des pistes à explorer de toute urgence.

La loi DALO (droit au logement opposable) a ouvert la voie à des recours de la part des personnes qui se voient refuser un logement. Elle a bien sûr des limites évidentes puisqu'elle place sur un pied d'égalité les communes qui ont un grand nombre delogements sociaux et celles qui freinent des quatre fers. Elle ouvre toutefois une brèche en reconnaissant dans les textes le droit fondamental au logement.

Reste à le faire appliquer pour que chacun ait un toit décent. Qu'en 2008, des personnes meurent encore de froid dans notre pays montre à quel point il y a urgence extrême.