Ahmed a 18 ans. En 2004, il est arrivé de Mostaganem en Algérie, avec sa mère et sa petite soeur, pour fuir un père violent. Depuis, il poursuit de brillantes études en hôtellerie-restauration, au lycée Villebon de Meudon. Sa mère est désormais sous protection subsidiaire, elle est en fait sous la protection de l'Etat français. Ahmed, lui, n'a aucun droit. Il doit normalement passer son BEP en juin de cette année, et avant, suivre un stage de 5 semaines. Toute la famille habite un meublé presque insalubre. 3 dans 15 m2. Sans-papiers, sans droit. Il risque l'expulsion à tout moment. Le désespoir est en train de le miner.

Zohra a 26 ans. Elle est arrivée du Maroc la même année qu'Ahmed, pour se faire suivre médicalement. Son asthme est d'une extrême gravité. Le pneumologue qui la suit est formel : sans traitement adapté suivi, elle risque sa vie. Zohra vit de petits boulots, mais avec son compagnon français, elle s'en sort. Elle souhaite juste pouvoir rester en France pour raisons de santé. Menacée d'expulsion, elle a déposé plusieurs recours, sans obtenir la moindre réponse. Son désespoir est tel, qu'enceinte de 5 semaines, elle pense à avorter.

Ahmed, Zohra, et des dizaines de milliers d'autres vivent dans la peur. La politique inhumaine de Hortefeux et consort fait honte à a France et à ses traditions d'accueil.

La mobilisation en faveur de la régularisation des sans-papiers ne doit pas cesser. Il y a aussi urgence à faire grandir l'exigence d'une véritable politique de coopération avec les pays du Sud, à lutter contre la misère.

C'est un enjeu planétaire.

Une question d'humanité.