Premier point à l’ordre du jour : la naissance d’une nouvelle intercommunalité, soit une structure de 300 000 habitants. Elus de gauche et habitants ont découvert l’information dans la presse. Au conseil de jeudi, ma collègue socialiste Kathy Similowski a donné son avis et posé quelques questions, notamment sur le pluralisme de la future instance. Lorsque j’ai demandé la parole pour exprimer mon point de vue sur ce dossier, ce fut un NON catégorique : l’opposition de gauche n’a droit qu’à une seule prise de parole ! J’ai essayé de montrer à quel point cette fusion manquait de projet et niait la place des habitants. Le maire m’a rétorqué que je ne représentais rien, que je n’y connaissais rien et qu’on n’avait pas besoin de mon avis.

Sur le budget, la présentation du maire-adjoint aux finances relevait plus du règlement de compte a priori et de l’autosatisfaction que du débat politique. Dans nos deux interventions successives, Gabrielle Santarelli (PS) et moi-même avons posé des questions sur le fond et sur certains montants inscrits au budget. Lorsque j’ai interrogé le maire sur les perspectives locales en matière de suppressions de postes dans les sièges des grandes entreprises (dont Microsoft qui va bientôt s’implanter) dans le contexte d’une crise mondiale sans précédent, M. Santini m’a sans arrêt coupé la parole, m’accusant de jouer les Cassandre. Comme ministre de la fonction publique, n’est-il pas, lui, responsable de dizaines de milliers de suppressions de postes ? Lorsque j’ai évoqué la révision voire la disparition programmée de la taxe professionnelle et ses effets sur notre commune (ce que N. Sarkozy a annoncé ce même soir à la télévision), ce ne furent que quolibets et dédain.

Annonçant son intention de s’abstenir sur le vote du budget, le chef de file du Modem a subi les reproches du maire qui l’a menacé d’en tirer toutes les conséquences.

Sur ce dossier non plus, aucune réponse à nos questions, sauf d’une agressivité rare, et d’un dédain inacceptable pour les habitants, notamment les plus pauvres.

La délibération sur les subventions aux associations a couronné le tout. Elle en dit long sur le peu de cas fait par la municipalité à la vie citoyenne. La subvention à l’ASTI (association de soutien aux travailleurs immigrés) a été réduite de moitié. Des allégations mensongères ont été utilisées pour défendre cette décision discriminatoire.

Parce que je tiens beaucoup au respect du suffrage universel… Parce que la démocratie, c’est le dialogue et le respect de l’autre… Parce qu’à travers le mépris des élus, c’est vous qu’on méprise…

avec tous les élus de la gauche et des verts, nous avons donc décidé de quitter la salle du conseil.