Madame, Monsieur, Chers amis,

Dimanche prochain, nous sommes appelés à renouveler le Parlement européen. En France, nous aurons à élire 72 députés, dont 13 pour l’Ile de France.

Cette élection est peu présente dans les médias, comme si les grands partis politiques, d’accord sur l’essentiel, souhaitaient éviter les débats de fond. Vous-même, vous vous demandez peut-être s’il est utile de voter ce jour-là.

Comme élue, comme citoyenne, je voudrais vous dire pourquoi je crois à l’Europe, mais à une autre Europe, pourquoi je pense qu’ensemble, on peut la changer et pourquoi je pense important que la liste du Front de gauche fasse le meilleur score possible.

Vous vous dites peut-être que l’Europe, c’est loin, ce n’est pas pour nous, que l’Europe ne nous apporte rien de bon. C’est en partie vrai, en partie seulement. Le Parlement européen se réunit à Strasbourg et Bruxelles. L’Europe, c’est aussi le Conseil européen, qui réunit les chefs d’Etat et de gouvernements des 27 pays de l’Union européenne : cela veut dire que ces dirigeants, dont les Français (Sarkozy et Fillon), ont bien une grande part de responsabilité dans les politiques de casse sociale et de précarité. Il y a aussi la Commission européenne, dont les 27 membres sont nommés par les gouvernements.

Le Parlement européen, lui, a plus de pouvoir qu’avant : son avis est décisif sur l’ensemble des directives européennes. Même s’il est aujourd’hui majoritairement à droite, si le mouvement social, les élus, poussent les députés européens dans le bon sens, il peut être obligé de prendre des décisions utiles pour tous. Récemment, il a bloqué une directive qui voulait nous faire tous travailler 65 heures par semaine !

Comme élue locale, j’ai pu apprécier le travail remarquable du groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE) ces 5 dernières années. Composé de 41 députés de 13 pays, il a joué un rôle positif dans de nombreux domaines, sous l’impulsion déterminée de son président, mon ami Francis Wurtz, élu pour notre région. Grâce à lui, souvenez-vous, nous avons été alertés sur les graves dangers pour la démocratie et les politiques sociales du traité constitutionnel européen, et tous ensemble, nous avons rejeté majoritairement ce texte lors du référendum du 29 mai 2005 !

C’est encore lui qui a dénoncé les terribles conséquences pour les services publics de la Directive services, dite Bolkestein, et a déployé une énergie sans faille pour que monte un mouvement fort en France et en Europe contre ce texte. Ces députés ont aussi permis de faire entendre, au Parlement européen, une voix différente sur la situation en Palestine, contre l’occupation par Israël. Ils ont constamment relayé nos actions pour l’emploi, les services publics, la paix.

Le 7 juin 2009, les candidats du Front de gauche, avec à leur tête Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, porteront ce bilan. C’est la seule liste qui réunit plusieurs sensibilités politiques : le parti communiste, le parti de gauche, la gauche unitaire, les membres de République et socialisme… Ses candidats proposent d’agir pour une autre Europe, qui pourrait changer notre quotidien en France : une politique de la relance des emplois, avec une banque européenne qui ait cet objectif essentiel, des services publics pour tous, une Europe de coopération et de paix, avec une remise en cause des fondements du Traité de Lisbonne et de son dogme de concurrence libre et non faussée.

Bref, tout le contraire de la politique développée par N. Sarkozy et qui nous fait tant de mal. Un moyen de faire de l’Europe un espace de progrès social, de solidarité, de justice et de paix, respectueuse de l’environnement.

Le 7 juin, le vote Front de gauche sera le moyen de dire oui à l’Europe, mais une autre Europe !