icanAujourd'hui, et jusqu'au 28 mai prochain s'ouvre à l'ONU (New York), la conférence de révision du traité de non prolifération nucléaire. Cette conférence, qui se tient tous les cinq ans depuis 1995, doit rechercher les moyens d'avancer, comme le préconise l'article 6 de ce traité, vers un désarmement général et complet.

Rappelons que 168 Etats sont signataires de ce traité, notamment les 5 grandes puissances nucléaires, dont la France, qui sont toutes membres permanent du conseil de sécurité de l'ONU. Trois pays possesseurs de l'arme nucléaire ont refusé de le signer - l'Inde, le Pakistan et Israël.

2010 marquera-t-elle donc une avancée significative vers l'abolition de l'arme nucléaire comme le réclament de nombreux Etats, le Président de la Croix rouge internationale, des responsables politiques français de tous bords, et bien sûr les opinions publiques de la plupart des Etats ?

Je pense que la France a un rôle particulier à jouer. Alors que les Etats-Unis et leur président Obama s'affichent en pointe en faveur du désarmement nucléaire, certes avec des limites, il serait dommage que notre pays traîne les pieds. Pourquoi dépenser encore des dizaines de milliards d'euros pour de nouvelles armes nucléaires (missiles, ogives, sous-marins) alors que tant de besoins sociaux restent insatisfaits ? Contre quelles menaces ? Pour résoudre quels problèmes ?

Les armes nucléaires actuelles ont de quoi faire sauter plusieurs fois la planète. Elles représentent des centaines d'Hiroshima. Cette menace n'a plus lieu d'être. Penser le monde dans les conditions d'aujourd'hui, c'est réfléchir à des relations internationales et humaines fondées non plus sur le recours systématique à la force, qui ne résoud rien, mais à une force de la politique.

Cette année, plus de 220 Français sont présents à New York, pour peser sur le cours des choses. Elus locaux, pacifistes, syndicalistes, citoyens, ils seront aux côtés de milliers d'Américains, de Japonais et d'acteurs de la paix du monde entier pour échanger, convaincre, rencontrer des ambassadeurs de divers pays.

Comme le chantait si bien Jean Ferrat : "m'en voudrez vous beaucoup, si je vous dis un monde où l'on n'est pas toujours du côté du plus fort ?"